Un voyage vers le lâcher‑prise

On pense encore souvent que le yoga est soit une prouesse physique, soit “juste” des postures, un tapis et un peu d’encens (inutile de vous dire que ça me fait un peu grincer des dents..)

Mais si l’on en croit Patañjali — le sage qui a posé les bases il y a plus de 2 000 ans — le yoga est surtout un art de vivre, une manière d’apprivoiser son mental et de retrouver un peu de paix dans le chaos du quotidien. Et bonne nouvelle : on n’a pas besoin de se transformer en moine tibétain pour en profiter !

Dans les Yoga Sūtras, Patañjali parle du pranayama, qui correspond à l’art de diriger le souffle. En langage moderne : il pourrait s’agir d’apprendre à respirer autrement que comme un hamster stressé..

Respirer profondément, c’est un peu comme appuyer sur le bouton “reset” de son cerveau.

Patañjali appelle cela vairāgya, le détachement. Pas le détachement façon “je m’en fiche de tout”, non ; mais plutôt : “je fais de mon mieux, mais je ne me laisse plus dévorer par ce que je ne contrôle pas”.

Concrètement, il y a moins de ruminations, moins de drames intérieurs, moins de « et si.. ?

Ouiiii, le fameux lâcher prise ! Celui qu’on aimerait tous maîtriser, mais qui nous échappe dès qu’on essaie trop fort :-)

Toujours dans les Yoga Sūtras, Patañjali explique que le yoga est l’arrêt des fluctuations du mental (citta vritti nirodhah). En clair : c’est arrêter de se faire des films, des scénarios catastrophes, des dialogues imaginaires sous la douche alors qu’en fait, on ne maîtrise rien d’autre que la quantité de savon qu’on va utiliser !

Lâcher prise, c’est relâcher les tensions inutiles, arrêter de vouloir tout contrôler et accepter ce qui est tout en restant dans le moment présent.

© Sophie C
© Sophie C

Patañjali parle d’āsana, les postures. Mais il ne dit jamais qu’il faut mettre le pied derrière la tête. Il dit simplement que la posture doit être stable et confortable.

On écoute les sensations, on respecte les limites, on renforce sans forcer et on s’étire sans s’arracher. C’est un retour à soi, un dialogue avec son corps, un apprentissage de la bienveillance envers soi-même.

Dans un monde où tout va vite, où l’on coche des cases, où l’on court après le temps, le yoga nous rappelle une vérité simple : on n’est pas obligé d’être hyper productif pour exister.

S’arrêter.
Respirer.
Observer.
Être présent.
Ralentir.
C’est déjà une pratique en soi, et parfois, c’est même la plus difficile..

En conclusion : le yoga est un kit de survie pour l’esprit moderne !

Il apporte du calme, du recul, du souffle, de la présence, de la douceur, de la force, de la clarté et un peu d’humour face à nos propres tempêtes ! Patañjali l’a dit avec poésie. Nous, on le vit sur un tapis, avec un legging et parfois un chat qui s’invite pendant la séance.



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